mardi 27 décembre 2011

Le végétarisme : une lutte antispéciste

L'ANTISPÉCISME. La raison même de la philosophie végan. La raison qui m'a convaincue de me lancer dans le végétarisme, après des années de dégoût face à la viande et de luttes écologique et humanitaire.

Alors, qu'est-ce que le spécisme?
Les cahiers antispécistes donnent la définition suivante :
« Le spécisme est à l'espèce ce que le racisme et le sexisme sont respectivement à la race et au sexe : la volonté de ne pas prendre en compte (ou de moins prendre en compte) les intérêts de certains au bénéfice d'autres, en prétextant des différences réelles ou imaginaires mais toujours dépourvues de lien logique avec ce qu'elles sont censées justifier.
En pratique, le spécisme est l'idéologie qui justifie et impose l'exploitation et l'utilisation des animaux par les humains de manières qui ne seraient pas acceptées si les victimes étaient humaines ».

À travers l'Histoire
Et si nous transposons cela sur l'histoire récente de l'humanité, nous constatons que :

Il y a 200 ans, l'esclavage était la norme. Les noirs, de par leur condition, devenaient des êtres « inférieurs » au service des maîtres. Ces esclaves travaillaient dur à labourer les champs après leur vente sur le marché (et après une sélection génétique et sexuelle).

Il y a 100 ans, le sexisme était la norme. Les femmes, de par leur condition, devenaient des êtres « sans âme », au service de leurs pères et de leurs époux. Elles se virent refuser le droit de voter et de choisir leur place dans la société. Les battre était considéré comme étant un choix personnel.

Il y a 90 ans, sous-estimé les enfants était la norme. Les bébés, de par leur condition, devenaient des êtres « sans pensée ni sentiment ». Les médecins les opéraient sans anesthésie, pensant que les nourrissons ne ressentaient pas la douleur.

Il y a 70 ans, le racisme était la norme. Les juifs, de par leur condition, devenaient des gens « sans foi ni loi ». Ils furent conduits aux camps de travail dans des trains de marchandises. Le corps de certains servi à fabriquer des savons, et d'autres subirent des expérimentations médicales. La Shoah fit plus de 5,1 millions de victimes juives. L'humanité dit alors « nous ne savions pas ».

Il y a 50 ans, l'homophobie était la norme. Les homosexuels, de par leur condition, devenaient des gens « sans morale ». Ils furent maltraités, railler, ridiculiser. On ne les comprenaient pas, et on les respectait encore moins.

De nos jours, le spécisme est la norme. Les animaux, de par leur condition, sont des êtres inférieurs, sans conscience, sans émotion, sans système de vie en commun, sans morale... L'humain les trie selon leur génétique, les vend sur le marché, les utilise pour labourer les champs, les soumette à leur volonté, les mange par choix personnel, les utilise pour expérimenter des cosmétiques ou des médicaments, les transporte et les laisse vivre entasser les uns sur les autres, s'en servent pour fabriquer leurs produits d'hygiène, les maltraite, les raille, les ridiculise, ne les comprend pas, ne les respecte pas (sauf s'ils sont mignons). Soixante milliards sont exterminés chaque année. L'humanité ne peut plus dire « nous ne savions pas ». 

Les contradictions
Bref, l'humain a compris l'horreur et l'immoralité derrière ses gestes. Pourtant, lorsqu'il s'agit des mêmes gestes faits envers les animaux, cela ne s'applique plus. Ainsi, il est courant de voir quelqu'un proférer, par exemple, un discours contre le racisme et la discrimination, un morceau de poulet à la main, sans que personne n'y voit d'incohérence... et pourtant, il s'agit d'une contradiction totale selon la logique la plus pure. Le même genre de contradictions qui permettent que l'on effectue des tests sur les animaux sous prétexte qu'ils sont comme nous, et qui refusent les critiques contre lesdits tests alléguant une différence fondamentale. Pire, la plupart des spécistes créent des échelles de valeurs des animaux. Ainsi, les animaux mignons sont supérieurs aux animaux moches. Il est moral de manger une vache, mais pas un chat. À noter que le sens de ce qui est moral de manger de non change selon les peuples. Ainsi, aux Indes, il est immoral de manger une vache, mais on peut manger du chat en Chine. Ce qui ajoute à l'incohérence de ce clivage entre les espèces. Il est barbare de chasser les bébés phoques, mais pas les orignaux. Il ne faut pas pêcher les baleines, mais on peut surpêcher le poisson jusqu'à l'extinction totale. Bref, toutes ces différences sont imaginaires et ne justifient rien qui n'est contredit par un autre geste.

Le mensonge et la vérité
S'agit-il d'hypocrisie? Oui et non. Car la plupart des gens ont été formatés par la société qui les entoure. Le langage est très révélateur du schisme entre les humains et les animaux. Les bons sont humains, les mauvais sont des porcs, des chiens, des vaches, des serpents... Chacun de son côté, et personne ne danse ensemble. Car si la danse permettait que l'on se mélange, l'on comprendrait les horreurs derrière cette discrimination, et tout cela serait insupportable. À l'image de ceux qui séparent les sexes et les races pour ne pas voir les ressemblances. Comme à l'époque où l'on jetait les esclaves par-dessus le bord des négriers sous des prétextes justifiés. Comme dans les discours expliquant l'esclavage : plus pratique et économique, exactement comme le prétend l'industrie massive de la viande, des œufs et du lait. Comme lorsqu'on envoyait les juifs dans ses abattoirs pour humains nommés camps de concentration, où certains en ressortaient sous forme de savons après avoir travailler des mois jusqu'à en perdre toutes capacités physiques utilent au bon fonctionnement de l'économie. Le spécisme formate toutes les tranches de la vie moderne, et se retrouve partout. Il refuse aux gens la capacité de voir. Heureusement, certains prennent conscience de ces horreurs. Des gens se battent pour la libération animale. En opposition au spécisme, et aussi au carnisme. Pas par amour : mais par RESPECT de toutes les créatures vivants en ce monde. Ce mouvement se nomme l'antispécisme. Il vise à la réflexion et à la conscience de la situation animale. Car l'antispécisme remet tout en question, tout comme le féminisme, l'écologie et la lutte contre le racisme. L'antispécisme est un mouvement qui englobe toutes les formes de protestation contre la discrimination. Car chaque fois que quelqu'un dit « ce n'est qu'un poulet », je peux y voir le résultat d'une mentalité spéciste qui vise à enlever tous droits à ce qui n'est pas humain.

Dessin tiré du site d'IV
Quelques citations courtes

« La grandeur d’une nation et ses progrès moraux peuvent être jugés par la manière dont elle traite les animaux »
Gandhi, La Base morale du végétarisme

« Je soutiens que l’alimentation carnée ne convient pas au genre humain. Nous avons tort d’imiter les animaux si nous leur sommes supérieurs. »
- Ganghi, La Base morale du végétarisme
  
« Auschwitz commence lorsque quelqu’un regarde un abattoir et se dit : ce ne sont que des animaux ».
- Charles Patterson, Eternal Treblinka

« On n'a pas deux cœurs, l'un pour l'homme, l'autre pour l'animal… On a du cœur ou on n'en a pas ».
- Alphonse de Lamartine 

« L’homme est véritablement le roi de tous les animaux, car sa cruauté dépasse celle des animaux. Nous vivons de la mort des autres. Nous sommes des tombes marchantes ».
- Léonard de Vinci

« Les problèmes posés par les préjugés raciaux reflètent à l’échelle humaine un problème beaucoup plus vaste et dont la solution est encore plus urgente : celui des rapports de l’homme avec les autres espèces vivantes… Le respect que nous souhaitons obtenir de l’homme envers ses semblables n’est qu’un cas particulier du respect qu’il faudrait ressentir pour toutes les formes de vie… ».
- Claude Levi-Strauss 


Des sites intéressants
http://antispeciste.org/
http://www.cahiers-antispecistes.org/
http://www.reseau-antispeciste.org/
http://antoine.comiti.free.fr/specisme/
http://infokiosques.net/antispecisme
http://antispesite.free.fr/
http://actionantispeciste.free.fr/
http://fr.wikipedia.org/wiki/Antisp%C3%A9cisme

Des blogues intéressants
http://hypathie.blogspot.com/
http://unelutte-uncombat.over-blog.com/30-categorie-11075262.html
http://insolente0veggie.over-blog.com/
http://veggiepoulette.blogspot.com/

7 commentaires:

Mlle Pigut a dit…

Merci pour cet article et bravo de parler d'anti-spécisme !

Mascha a dit…

Ah mais de rien, ce billet avait déjà beaucoup trop tardé comme cela. ;-)

Mademoiselle B a dit…

Je ne connaissais pas ce terme avant de lire à ce sujet sur ton blogue. Merci du partage, ça permet d'élargir ma culture :)

Mascha a dit…

:)

C'est un peu normal de ne pas connaître le spécisme, car il s'agit d'un sujet trèèèèèèèèès tabou. Un peu comme le racisme à l'époque de la traite des noirs. Seuls quelques philosophes osaient s'exprimer sur le sujet...
Mon billet ne se veut qu'un simple survol. Si tu le souhaites, les liens présentés ci-dessus te permettraient d'approfondir encore plus tes connaissances, héhé. :D

Merci à toi de me rendre visite! héhé. :)

GeishaNellie a dit…

Ah voilà un sujet dont je pourrais parler pendant bien longtemps, car l'irresponsabilité des humains face à leurs animaux m'écoeure au plus haut point. Pour ce qui est de la façont dont on opérait les bébés il n'y a pas longtemps, garde toi une réserve là-dessus, tout comme pour la médecine vétérinaire, il n'y a que récemment que l'on a découvert les neurones vs les synapses qui transmettent la douleur. En tout cas, je pourrais en parler longtemps ...

natalie a dit…

Je viens de découvrir ton blog et TOUT me plait ! Et surtout cet article condensé de toutes les réflexions qui m'ont poussée à (enfin) ouvrir les yeux et réaliser le spécisme pour mieux le condamner.
Merci et à très bientôt

Mascha a dit…

Oh! C'est très gentil de ta part de me lire cela. J'en rougis! ;)
Je suis contente que ce billet t'ait fait réfléchir profondément sur le spécisme et ses conséquences. Ça me rend encore plus joyeuse que tous ces compliments, hihi. ;)