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jeudi 19 décembre 2019

Préparer un repas de Noël végétalien II

Cet article est en grande partie une refonte de ce billet de 2013. J'ai décidé de le remettre en avant grâce à une mise à jour des informations! Ce n'est donc plus l'article de 2013 que je recommande, mais celui-ci. 😉
Les images proviennent de Pixabay.


Préparer un repas de Noël végétalien II

Le temps des Fêtes arrive à pas de bottes de sept lieues, et certains ne savent toujours pas ce qu'ils vont cuisiner pour recevoir la parenté ou les amis/es. Que mettre dans la tourtière? Doit-on remplacer la dinde? Fait-on ses adieux aux desserts? Qu'en est-il du plateau de fromage? Le jus de canneberge, c'est végane, non?

Il est vrai que lorsqu'on débute dans l'alimentation végétalienne, changer ses habitudes peut dérouter. Surtout si l'on doit cuisiner un festin de famille. Or, tout est une simple question de point de vue, qu'il soit végétal ou non. Ici, la mentalité de base, c'est d'éliminer les produits d'origines animales... sans chercher à les remplacer! C'est d'ailleurs le secret d'une alimentation végétale réussie, temps des fêtes ou non. Des milliers de plats peuvent en effet prendre la place des recettes habituelles sur votre table. Sans parler du fait que les menus traditionnels peuvent s'adapter pour devenir entièrement végétaux. Il suffit parfois d'une idée pour se "débloquer" et laisser place à sa créativité!

Je vous propose des recettes où les plantes prennent toutes la places, à leur juste valeur, et pleines de saveurs!


Les entrées
En premier lieu, parlons des entrées. Beaucoup d'amuses-gueules/tapas/entrées végétaux existent déjà dans nos sociétés. Ce ne sont donc pas les plats les plus difficile à trouver. Parfois, on peut rester très simple, et servir des crudités accompagnées d'une trempette. Ou tartiner une baguette de pain d'hummus, de "beurre" à l'ail, de végé-pâté ou encore d'une tapenade végétalienne. Ou alors, on peut y aller dans un style un peu plus travaillé en offrant des bruschettas, des feuilletés aux épinards, des canapés de légumes, de petits légumes farcis (champignons, poivrons, courgettes, tomates...), etc. Ces légumes peuvent être farcis de riz, de pommes de terre, de lentilles, de fromages végétaux style ricotta végane, etc.
De part mon expérience personnelle, je pense toutefois que l'entrée la plus populaire demeurera toujours la soupe. En effet, qui n'aime pas les bons potages chauds et légers? Surtout au cœur de l'hiver, et en famille, cela à un côté réconfortant fort apprécié. ;)

Soupes
Plusieurs suggestions sur ce lien

Trempettes
Pour les crudités et/ou chips
Houmous
Guacamole
Salsa
Trempette aux épinards
Trempette de gourganes
Pain au babeurre
Pois chiches aux épices

Repas
Le repas : la pièce de résistance. Le moment où on ne veut pas se planter. Où on ne veut surtout pas entendre de la part de nos convives : « Beurk, c'est dégueux la cuisine végétalienne ! ». Bien oui, c'est bien connu : un omnivore qui sert un plat pas bon, c'est parce qu'il a raté son coup, mais un végé qui sert un plat fade, c'est parce que la cuisine végé n'est pas bonne! Enfin, vous voyez le préjugé. J'ai envie de vous dire de ne pas vous inquiéter avec cela. Le mieux, c'est de tester la recette une première fois si vous en avez l'occasion, pour pouvoir la refaire sans accro aux repas de famille.

Un plat principal n'a pas besoin d'être très complexe, dispendieux et pittoresque. On peut s'inspirer des recettes traditionnelles de nos familles pour en créer des versions végétales : tourtières, quiches, tartes salées, galettes, plats de pâtes, ragoût, etc. Au lieu de la viande, on peut être créatif et utiliser du tofu, des légumineuses, des PVT, du seitan, des céréales, des champignons, etc.

"Dindes", rôtis et autres
En acheter du commerce
Boulettes à la sauce barbecue
Rôti en croûte
Seitan (plusieurs recettes sur ce lien)

Tourtières/quiches/tartes salées
    Pâtes à tarte
    Légère

Pâtes alimentaires
Coquilles farcies, lasagnes, sauce bolognaise, sauce rosée, etc. Le tout couvert de parmesan.
Vous trouverez plein d'idées et de recettes sur ce lien.

Buffet froid
Vous avez aussi l'option buffet froid! Comme cela, vous pourrez proposer plusieurs options parmi lesquelles les personnes difficiles pourront choisir!

- avec sandwich sans croûte ou pain farcis au tofu (ici ou ici), à l'houmous ou aux lentilles
- avec salades de toutes sortes (ci-dessus)
- avec fromages végétaux et raisins (que l'on peut poser en forme en sapin dans le plateau)
- avec fruits  (que l'on peut également façonner en sapin dans le plateau)
- avec viandes froides végétales
- avec crudités et trempettes
- avec craquelins et tartinades végétales  (que l'on peut aussi placer en forme de sapin)
- ou avec tout ce qui vous vient à l'esprit


Accompagnements
Les accompagnements doivent être harmonisés avec le repas principal. Il peuvent donc être variés, traditionnel ou originaux. Ils peuvent même être nombreux sur la table, selon le nombre d'invités convié : pommes de terre, riz, couscous, salades de saison, salade de fruits, salade de pâtes, salade de chou, salade de pommes de terre, légumes vapeurs, légumes farcis, etc.

Pommes de terre

Des dizaines d'autres suggestions sur ce lien!

Légumes chauds
Chou-fleur rôti au shawarma
Gratins de légumes avec béchamel et fromage végétaux (exemple ici)
Légumes farcis
Légumes-racines au sirop d'érable



Desserts
Alors là, soyez créatifs! Lâchez-vous et explorez! C'est le meilleur conseil que je peux vous donner.

Croustade aux pommes
Fruits cuits au four (comme ici)
Gâteau aux noisettes
Mélange de noix/fruits séchés/petits morceaux de chocolat
Muffins (diverses sortes)



Breuvages
Café, servi avec de la crème de soya pour le café
Jus de fruits
Jus de légumes (en portions individuelles, c'est généralement apprécié)
Thés, comme du thé à l'érable ou London Fog


Liens vers d'autres suggestions de menu des Fêtes
Recettes pour un temps des fêtes délicieusement végétal de l'Association végétarienne de Montréal
Des fêtes vegan de Veganpratique

Si vous souhaitez que je parle de votre blogue ou d'un document en particulier, n'hésitez pas à me transmettre vos liens dans les commentaires! 😉



Conseils pratiques
- Avant même de planifier votre menu, il est extrêmement important de vous renseignez sur les allergies ou intolérances de vos invités. Il s'agit d'une question de respect, mais aussi de sécurité. Les allergies sont à prendre très au sérieux.

- J'ai trouvé cette image sur Facebook. J'aime beaucoup l'idée, alors je vous la partage!


- Détendez-vous et n'en faites pas trop. Le plus important lors du repas de Noël, c'est d'être entouré de gens que l'on aime et qui nous aime. Peu importe la nourriture sur la table!

- À ce propos, cela ne concerne pas la nourriture ou les cadeaux, mais j'ai envie d'en parler. Si l'idée de passer du temps avec une ou certaines personnes vous fait mentalement souffrir, ne vous forcez pas, et annulez votre présence! Certains milieux ou certaines personnes sont malsains, voire toxiques. Vous AVEZ LE DROIT de couper les ponts. Quitte à être seul. Car il vaut mieux être seul que mal accompagné, même si la société nous rabâche sans cesse le contraire. VOUS N'ÊTES PAS PARANOÏAQUE. VOS SENTIMENTS SONT LÉGITIMES. Protégez-vous. Aimez-vous vous-même. C'est le plus important. 😊


Sur ce, je vous souhaite à tous un joyeux temps des fêtes! Ho! Ho! Ho!


EDIT : Mise à jour le 2020-12-11 (ajout de recettes)

vendredi 13 décembre 2013

Préparer un repas de Noël végétalien

Toutes les images proviennent du net
Le temps des Fêtes arrive à pas de bottes de sept lieues, et certains ne savent toujours pas ce qu'ils vont cuisiner pour recevoir la parenté. Il est vrai qu'au début du végétarisme, changer ses habitudes pour créer un festin de famille peut dérouter. Or, aborder un repas d'un angle de vue végétal est en réalité très simple. Des milliers de plats peuvent en effet remplacer haut la main les recettes habituelles. Sans parler du fait que les menus traditionnels peuvent s'adapter pour devenir entièrement végétaux. Voici donc quelques idées qui pourraient débloquer votre esprit pour permettre la place à un peu de créativité. ;)

Avant tout, il est important de se renseigner sur les allergies ou intolérances de vos invités. Il s'agit d'une question de respect, mais aussi de sécurité. De plus, cela peut orienter votre décision vers le choix de tel ou tel type de repas.

Les entrées
En premier lieu, parlons des entrées. Beaucoup d'amuses-gueules/tapas/entrées végétaux existent déjà dans nos sociétés. Ce ne sont donc pas les plats les plus difficile à trouver. Parfois, on peut rester très simple, et servir des crudités accompagnées d'une trempette. Ou tartiner une baguette de pain d'hummus, de pesto, de "beurre" à l'ail, de végé-pâté ou encore d'une tapenade végétalienne. Ou alors, on peut y aller dans un style un peu plus à la mode en offrant des bruschettas, des feuilletés aux épinards, des canapés de légumes, de petits légumes farcis (champignons, poivrons, courgettes, tomates...), etc. Ces légumes peuvent être farcis de riz, de pommes de terre, de lentilles, de fromages végétaux style ricotta végane, etc.
De part mon expérience personnelle, je pense toutefois que l'entrée la plus populaire demeurera toujours la soupe. En effet, qui n'aime pas les bons potages chauds et légers? Surtout au cœur de l'hiver, et en famille, cela à un côté réconfortant fort apprécié. ;)

Quelques suggestions :
Tartinades (sur pain ou craquelins)
Fromage de noix de cajou (sur du pain ou des tranches de pommes)
Houmous nature


Divers

Trempettes, avec crudités et/ou chips
De l'houmous (voir plus haut)
Guacamole
Salsa
Trempette aux épinards
Trempette épineuse (pour les fruits)
Trempette de gourganes
Tzatziki

Faite une faveur au Père-Noël cette année...
Laissez-lui quelques biscuits végétaliens et du lait de soya.
Repas
Le repas : la pièce de résistance, celle où on ne veut pas se planter pour ne pas entendre de la part de nos convives : « Beurk, c'est dégueux la cuisine végétalienne ! » Bien oui, c'est bien connu : un omnivore qui sert un plat pas bon, c'est parce qu'il a raté son coup, mais un végé qui sert un plat fade, c'est parce que la cuisine végé n'est pas bonne! ». XD Bref, vous voyez le préjugé. J'ai envie de vous dire de ne pas vous inquiéter avec cela. Le mieux, c'est de tester la recette une première fois pour pouvoir la refaire sans accro aux repas de famille.

Un plat principal n'a pas besoin d'être très complexe, dispendieux et pittoresque. On peut s'inspirer des recettes traditionnelles de nos familles pour en créer des versions végétales : tourtières, quiches, tartes salées, galettes, plats de pâtes, ragoût, etc. On peut remplacer la viande par du tofu, des légumineuses, du seitan, des champignons, etc. Voici quelques idées :

Tourtières/quiches/tartes salées
    Pâtes à tarte
    À la patate douce (végétalien)
    Légère (végétalien)

Pâtes
Coquilles farcies, lasagne, pâtes Stoganoff, spaghettis bolognaise, penne rosée, etc. Vous trouverez plein d'idées ici.

"Dindes" de Noël végétalienne du commerce

Buffet froid
- avec sandwich sans croûte ou pain farcis au tofu (ici ou ici), à l'houmous ou aux lentilles
- avec salades de toutes sortes (ci-dessous)
- avec fromages végétaux et raisins (que l'on peut poser en forme en sapin dans le plateau)
- avec fruits  (que l'on peut également façonner en sapin dans le plateau)
- avec viandes froides végétales
- avec crudités et trempettes
- avec craquelins et tartinades végétales  (que l'on peut aussi placer en forme de sapin)
- ou avec tout ce qui vous vient à l'esprit


Accompagnements
Les accompagnements doivent être harmonisés avec le repas principal. Il peuvent donc être variés, traditionnel ou originaux. Ils peuvent même être nombreux sur la table, selon le nombre d'invités convié : pommes de terre, riz, couscous, salades de saison, salade de fruits, salade de pâtes, salade de choux, salade de pommes de terre, légumes vapeurs, légumes farcis, etc.

Pommes de terre


Autres
Carottes parfumées
Gratins de légumes avec béchamel et fromage végétaux
Légumes farcis
Légumes-racines au sirop d'érable


Desserts
En ce qui concerne les dessert, je ne crois pas être une experte. Le mieux reste tout de même de végétaliser vos recettes préférées. J'en ai tout de même un peu à suggérer :
Gâteau aux noisettes
Mélange de noix/fruits séchés/petits morceaux de chocolat

Breuvages
Café, servi avec de la crème de soya pour le café
Jus de fruits
J'espère que tout cela pourra vous aider à concevoir un repas du temps des Fêtes sans cruauté, mais avec pleins de saveurs! ;)

J'invite tout le monde à me donner son avis en commentaire. Il ne faut surtout pas hésiter à ajouter des précisions, car je peux éditer ce message indéfiniment! ;-)


Liens vers d'autres suggestions de menu des Fêtes
Recettes pour un temps des fêtes délicieusement végétal de l'Association végétarienne de Montréal
15 recettes végétales faciles à faire pour sauver vos fêtes de fin d’année de Vegemag
Dossier spécial : repas des Fêtes de Djanisse


UNE REFONTE DE L'ARTICLE A EU LIEU LE 2018-12-17.

samedi 23 juin 2012

Déconstruction d'un mythe : l'alimentation végétale n'est pas onéreuse

Un stéréotype à la vie tenace m'horripile chaque fois que je l'entends : le végétarisme/végétalisme coûterait cher, et serait réservé à une élite bourgeoise. J'ignore d'où peut bien provenir un tel mythe, mais il s'avère, tout-à-fait et dans l'absolu, faux.

L'alimentation végétale coûte-t-elle cher?
Non. Du tout. Vous ne me croyez pas? Alors, repassons en revue les aliments de base d'un régime végétal :

- Les céréales, tels le riz, le maïs, le blé, le seigle, l'avoine, l'épeautre, le quinoa, le millet, l'orge, etc.
Elles peuvent se consommer sous plusieurs formes : farines (pains, galettes, pâtisseries...), semoules (couscous, boulgour...), en grains (maïs, riz, orge...), bouillie (par exemple le gruau ou la soupe), en flocons (céréales à déjeuner) et pâtes alimentaires.

- Les fruits, sous forme de jus, de desserts, d'épices, ou encore cuits, frits, frappés, natures, etc.

- Les légumes, tels les racines, les fleurs, les feuilles, les tiges, les graines ou les fines herbes. Consommés crus ou cuits, sous formes de tartes, de salades, de soupes, de jus, de galettes, de pâtisseries, etc. La différence avec le régime carné, c'est que les végétariens ne considèrent pas les légumes comme de vulgaires accompagnements, mais les cuisinent de préférence en tant que plats principaux.

- Les légumineuses ou légumes secs, comme les pois, les fèves, les arachides, le soja, les lentilles, etc.

Que peut-on ajouter d'autres? Les huiles, les épices, les herbes, les graines germées, les lait végétaux, les oléagineux, le chocolat, etc.

Ces aliments sont parmi les moins chers en épicerie. Mieux, on les consomme surtout dans les pays pauvres en raison de leur faible coût. C'est pour tout dire. Disons que comparé à la barbaque, le couscous de légumes et de pois chiche à l'huile d'olive devient tout à coup vraiment abordable. Surtout si on compare en terme de quantité versus le prix. Sans rire, est-ce que, vraiment, à l'épicerie, ce sont les légumes qui vous coûtent le plus cher? Ne serait-ce pas plutôt les fromages, le bœuf Angus, les yogourts de gélatine, le jambon et tous les machins de ce genre? Bien sûr, une carambole reviendra à prix élevé. Mais ce fruit exotique sera un produit importé bien avant d'être un simple fruit. Car la provenance et la date de récolte des aliments influencent aussi le coût.

Suivre le rythme des saisons
Il faut aussi comprendre que le coût des fruits et légumes change selon les saisons. Des fraises en hiver et des fraises en été, vous voyez la différence entre les deux? Le chou, la laitue et la tomate seront moins dispendieux lors de la saison hiémal que des poivrons ou des céleris-raves. Les bleuets et les melons d'eau, en revanche, seront beaucoup plus accessibles lors de la saison chaude, en plus d'être plus nutritifs et sains. Sans parler de l'empreinte écologique qui sera réduite. Car un aliment local, qui ne provient pas de la Chine ou des Philippines par avion, polluera moins et suscitera moins de frais pour le déplacement auprès des consommateurs. Pour plus de précision sur le sujet, voir mon dossier sur les fruits et légumes de saison.

Au fond, les gens se comportent comme des enfants gâtés, avec la mentalité du je-veux-tout-tout-de-suite-et-maintenant. Les épiceries se plient à leur volonté, se faisant un joli pactole au passage, en leur vendant des asperges en janvier, à prix fort, bien entendu. Une des beautés de l'alimentation végétale, c'est la prise de conscience de beaucoup de gens sur ce sujet. Plusieurs végétar/liens décident de manger selon le rythme de la nature. Alors, en plus d'acheter des aliments sains, locaux et nutritifs, ils consomment aussi des ingrédients avantageux sur le plan économique.

Diversité
Certaines gens refusent d'acheter des fruits et légumes, car ces derniers se dégradent à toute vitesse dans le réfrigérateur. Personne ne peut faire de miracle, mais il existe une solution toute simple qui aide à perdre moins de nourriture : acheter de manière diversifiée et avec peu de quantité à la fois. Ainsi, au lieu d'acheter un énorme sac de carottes, un autre de petites pommes et un bouquet de trois énormes poireaux, on peut acheter à la place une aubergine, un poireau moyen, une tomate, une courgette, un concombre, deux grosses pommes, deux pêches et une poire. On cuisine chacun de ces légumes dans des plats différents ou on les combine. On mange les fruits en desserts ou en salade. Et, à la fin de la semaine, on est pas obligé de jeter les deux poireaux et demi qui se gâtent dans le frigo. On ne se lasse pas des petites pommes finalement trop sures. Les carottes ne seront pas oubliées au fin fond d'un tiroir à légumes. Mais si, vraiment, il reste des légumes pour une raison X, hé bien, on les passe dans une bonne soupe. Le tour est joué : pas de gaspillage et de perte d'argent! On se sent moins coupable d'avoir été, par exemple, deux fois sur la terrasse d'un restaurant plutôt que d'avoir passé ces journées chaudes derrière un fourneau. ;)

Cuisiner
Une dernière chose, mais assez importante pour ne pas être oubliée. Je dois avouer trouver ridicule les gens qui prétendent que l'alimentation végétale et/ou biologique coûte cher alors qu'ils achètent des carottes râpées, des sauces en pot, des riz à saveur de tomates pour le four à micro-ondes, et, surtout, des plats cuisinés à toutes les doses. Toutes ces choses se vendent à prix élevé. Sauf si la personne décide de les préparer elle-même. Râper ses carottes prend trente secondes. Faire sa propre sauce donne de plus grandes quantités pour un prix équivalent. Mettre des tomates et du basilic dans un riz complet, en plus d'être moins onéreux, est beaucoup plus nutritif. Et préparer ses repas soi-même, je ne compare même pas. Découper des tomates fraîches et les mettre sur un pain naan avec des épinards et du fromage n'est pas vraiment plus long que de mettre une pizza chimique au four. Et puis, cela permet aussi de mieux contrôler les ingrédients et quantités dans les repas. Je pense au gras, au sucre et au sodium entre autres. Attention. Je ne dis pas qu'acheter des pots de sauces est une mauvaise chose. Je le fais parfois moi-même lorsque j'ai la flemme de popoter ou par manque de temps. Mais il y a un avantage certain à cuisiner. Même si ce n'est qu'une fois par semaine, et qu'on congèle les portions pour les jours suivants. Et il n'y a aucun problème à blanchir ses légumes découpés pour s'en servir plus tard. Donc, apprendre à cuisiner est un plus pour économiser, éviter le gaspillage et prendre soin de sa santé.

En conclusion
Maintenant, vous comprenez l'absurdité de prétendre que l'alimentation végétale est l'apanage des riches. Il ne s'agit pas d'un luxe de petits bourgeois. Les végé mangent des céréales, des fruits, des légumes, des légumineuses et tout un tas de trucs qui sont en général consommés dans les pays pauvres où la consommation d'animaux demeure une marque d'opulence et non une généralité. En plus d'être à la base des aliments peu dispendieux, il est possible d'économiser en achetant de saison et local, en diversifiant ses mets et en cuisinant par soi-même au lieu d'acheter des plats tout faits d'avance par des industriels. Alors, promettez-moi d'y réfléchir la prochaine fois avant de dire que vous ne pouvez pas devenir végétarien - ou même manger bio - parce que vous êtes fauchés, d'accord? ;)

mardi 27 décembre 2011

Le végétarisme : une lutte antispéciste

L'ANTISPÉCISME. La raison même de la philosophie végan. La raison qui m'a convaincue de me lancer dans le végétarisme, après des années de dégoût face à la viande et de luttes écologique et humanitaire.

Alors, qu'est-ce que le spécisme?
Les cahiers antispécistes donnent la définition suivante :
« Le spécisme est à l'espèce ce que le racisme et le sexisme sont respectivement à la race et au sexe : la volonté de ne pas prendre en compte (ou de moins prendre en compte) les intérêts de certains au bénéfice d'autres, en prétextant des différences réelles ou imaginaires mais toujours dépourvues de lien logique avec ce qu'elles sont censées justifier.
En pratique, le spécisme est l'idéologie qui justifie et impose l'exploitation et l'utilisation des animaux par les humains de manières qui ne seraient pas acceptées si les victimes étaient humaines ».

À travers l'Histoire
Et si nous transposons cela sur l'histoire récente de l'humanité, nous constatons que :

Il y a 200 ans, l'esclavage était la norme. Les noirs, de par leur condition, devenaient des êtres « inférieurs » au service des maîtres. Ces esclaves travaillaient dur à labourer les champs après leur vente sur le marché (et après une sélection génétique et sexuelle).

Il y a 100 ans, le sexisme était la norme. Les femmes, de par leur condition, devenaient des êtres « sans âme », au service de leurs pères et de leurs époux. Elles se virent refuser le droit de voter et de choisir leur place dans la société. Les battre était considéré comme étant un choix personnel.

Il y a 90 ans, sous-estimé les enfants était la norme. Les bébés, de par leur condition, devenaient des êtres « sans pensée ni sentiment ». Les médecins les opéraient sans anesthésie, pensant que les nourrissons ne ressentaient pas la douleur.

Il y a 70 ans, le racisme était la norme. Les juifs, de par leur condition, devenaient des gens « sans foi ni loi ». Ils furent conduits aux camps de travail dans des trains de marchandises. Le corps de certains servi à fabriquer des savons, et d'autres subirent des expérimentations médicales. La Shoah fit plus de 5,1 millions de victimes juives. L'humanité dit alors « nous ne savions pas ».

Il y a 50 ans, l'homophobie était la norme. Les homosexuels, de par leur condition, devenaient des gens « sans morale ». Ils furent maltraités, railler, ridiculiser. On ne les comprenaient pas, et on les respectait encore moins.

De nos jours, le spécisme est la norme. Les animaux, de par leur condition, sont des êtres inférieurs, sans conscience, sans émotion, sans système de vie en commun, sans morale... L'humain les trie selon leur génétique, les vend sur le marché, les utilise pour labourer les champs, les soumette à leur volonté, les mange par choix personnel, les utilise pour expérimenter des cosmétiques ou des médicaments, les transporte et les laisse vivre entasser les uns sur les autres, s'en servent pour fabriquer leurs produits d'hygiène, les maltraite, les raille, les ridiculise, ne les comprend pas, ne les respecte pas (sauf s'ils sont mignons). Soixante milliards sont exterminés chaque année. L'humanité ne peut plus dire « nous ne savions pas ». 

Les contradictions
Bref, l'humain a compris l'horreur et l'immoralité derrière ses gestes. Pourtant, lorsqu'il s'agit des mêmes gestes faits envers les animaux, cela ne s'applique plus. Ainsi, il est courant de voir quelqu'un proférer, par exemple, un discours contre le racisme et la discrimination, un morceau de poulet à la main, sans que personne n'y voit d'incohérence... et pourtant, il s'agit d'une contradiction totale selon la logique la plus pure. Le même genre de contradictions qui permettent que l'on effectue des tests sur les animaux sous prétexte qu'ils sont comme nous, et qui refusent les critiques contre lesdits tests alléguant une différence fondamentale. Pire, la plupart des spécistes créent des échelles de valeurs des animaux. Ainsi, les animaux mignons sont supérieurs aux animaux moches. Il est moral de manger une vache, mais pas un chat. À noter que le sens de ce qui est moral de manger de non change selon les peuples. Ainsi, aux Indes, il est immoral de manger une vache, mais on peut manger du chat en Chine. Ce qui ajoute à l'incohérence de ce clivage entre les espèces. Il est barbare de chasser les bébés phoques, mais pas les orignaux. Il ne faut pas pêcher les baleines, mais on peut surpêcher le poisson jusqu'à l'extinction totale. Bref, toutes ces différences sont imaginaires et ne justifient rien qui n'est contredit par un autre geste.

Le mensonge et la vérité
S'agit-il d'hypocrisie? Oui et non. Car la plupart des gens ont été formatés par la société qui les entoure. Le langage est très révélateur du schisme entre les humains et les animaux. Les bons sont humains, les mauvais sont des porcs, des chiens, des vaches, des serpents... Chacun de son côté, et personne ne danse ensemble. Car si la danse permettait que l'on se mélange, l'on comprendrait les horreurs derrière cette discrimination, et tout cela serait insupportable. À l'image de ceux qui séparent les sexes et les races pour ne pas voir les ressemblances. Comme à l'époque où l'on jetait les esclaves par-dessus le bord des négriers sous des prétextes justifiés. Comme dans les discours expliquant l'esclavage : plus pratique et économique, exactement comme le prétend l'industrie massive de la viande, des œufs et du lait. Comme lorsqu'on envoyait les juifs dans ses abattoirs pour humains nommés camps de concentration, où certains en ressortaient sous forme de savons après avoir travailler des mois jusqu'à en perdre toutes capacités physiques utilent au bon fonctionnement de l'économie. Le spécisme formate toutes les tranches de la vie moderne, et se retrouve partout. Il refuse aux gens la capacité de voir. Heureusement, certains prennent conscience de ces horreurs. Des gens se battent pour la libération animale. En opposition au spécisme, et aussi au carnisme. Pas par amour : mais par RESPECT de toutes les créatures vivants en ce monde. Ce mouvement se nomme l'antispécisme. Il vise à la réflexion et à la conscience de la situation animale. Car l'antispécisme remet tout en question, tout comme le féminisme, l'écologie et la lutte contre le racisme. L'antispécisme est un mouvement qui englobe toutes les formes de protestation contre la discrimination. Car chaque fois que quelqu'un dit « ce n'est qu'un poulet », je peux y voir le résultat d'une mentalité spéciste qui vise à enlever tous droits à ce qui n'est pas humain.

Dessin tiré du site d'IV
Quelques citations courtes

« La grandeur d’une nation et ses progrès moraux peuvent être jugés par la manière dont elle traite les animaux »
Gandhi, La Base morale du végétarisme

« Je soutiens que l’alimentation carnée ne convient pas au genre humain. Nous avons tort d’imiter les animaux si nous leur sommes supérieurs. »
- Ganghi, La Base morale du végétarisme
  
« Auschwitz commence lorsque quelqu’un regarde un abattoir et se dit : ce ne sont que des animaux ».
- Charles Patterson, Eternal Treblinka

« On n'a pas deux cœurs, l'un pour l'homme, l'autre pour l'animal… On a du cœur ou on n'en a pas ».
- Alphonse de Lamartine 

« L’homme est véritablement le roi de tous les animaux, car sa cruauté dépasse celle des animaux. Nous vivons de la mort des autres. Nous sommes des tombes marchantes ».
- Léonard de Vinci

« Les problèmes posés par les préjugés raciaux reflètent à l’échelle humaine un problème beaucoup plus vaste et dont la solution est encore plus urgente : celui des rapports de l’homme avec les autres espèces vivantes… Le respect que nous souhaitons obtenir de l’homme envers ses semblables n’est qu’un cas particulier du respect qu’il faudrait ressentir pour toutes les formes de vie… ».
- Claude Levi-Strauss 


Des sites intéressants
http://antispeciste.org/
http://www.cahiers-antispecistes.org/
http://www.reseau-antispeciste.org/
http://antoine.comiti.free.fr/specisme/
http://infokiosques.net/antispecisme
http://antispesite.free.fr/
http://actionantispeciste.free.fr/
http://fr.wikipedia.org/wiki/Antisp%C3%A9cisme

Des blogues intéressants
http://hypathie.blogspot.com/
http://unelutte-uncombat.over-blog.com/30-categorie-11075262.html
http://insolente0veggie.over-blog.com/
http://veggiepoulette.blogspot.com/

dimanche 26 juin 2011

Nourriture : pauvreté, élitisme et juste milieu

J'en parlais dans mon tout premier billet.
Dix mois plus tard, j'ai envie d'aborder le sujet à nouveau : le concept de ce blogue.

Dans mon message de bienvenue, je parlais d'économie de coût par rapport à la cuisine santé :
Je me suis réservée ce petit coin du web afin de réaliser un petit souhait : parler d'une cuisine végétarienne accessible à tous les portefeuilles, diversifiée et bonne au goût.
Parce qu'il n'y a pas de raison pour la mère monoparentale de ne pas manger un repas santé avec ses trois enfants.
À trop d'endroits sur la toile, on prétend que pour manger bio et/ou végétarien, il faut y mettre le prix.
Je ne suis pas d'accord avec cela. En fait, j'en suis effarée.
Oh bien entendu, les aliments biologiques et locaux coûtent plus chers que la moyenne. Je ne le nie pas. Mais doit-on vraiment hypothéquer sa maison pour des courges? L'imagination et l'audace réduisent de manière considérable le coût d'une recette, et le nombre de sacrifices.

J'ai envie de rajouter quelque chose maintenant. Une raison de plus d'enrichir cet espace virtuel.
À force de discuter avec des gens d'un peu partout et de plusieurs origines sociales, j'ai vraiment réalisé jusqu'à quel point la nourriture est pré-fabriquée en Amérique du Nord. Les aliments pures existent à peine, et pour les trouver, il faut chercher longtemps. Et sortir le portefeuille. Sans parler de l'absence de diversité.
De plus, les prix sont exorbitant par rapport au salaire moyen.
Disons que selon les chiffres, dans ce pays, le tiers des enfants connaissent la pauvreté, et dans cette province, presque la moitié des ménages vivent sous le seuil de la pauvreté. Ouch!
Et si on jette un coup d’œil sur les prix en épicerie, on se rend compte qu'il coûte moins cher d'acheter des boîtes de céréales géantes que de petits légumes. En fait, plus la nourriture est saine (légumes, grains, fruits, etc), plus son coût est élevé, et vice-versa pour la malsaine. Oui, un sac de croustilles à saveur de pizza coûte trois fois moins cher qu'un melon.
La cuisine locale (voire nationale) coûte les yeux de la tête, au point où l'on entend souvent parler de pêcheurs qui ne possèdent pas les moyens de manger leurs propres poissons, se contentant de bâtonnets panés!
Et la grande majorité des aliments européens vantés sur le net n'existe tout simplement pas ici.

D'un autre côté, les élites de ce monde vantent la « bonne » bouffe.
J'en parlais un peu sur mon autre blogue, mais dans un billet cinéma.
De nos jours, il existe une sorte de démocratisation de la nourriture, toutes les classes sociales ayant accès à des blogues culinaires, à des émissions de télé consacrées aux recettes saines, à des conseils gratuits de grands chefs, à des livres de cuisine à bas prix et en quantité industrielle. Tout le monde a entendu parler de la bonne cuisine et des repas santé. Mais cela reste très récent dans l'histoire de l'humanité, peut-être que cela remonte à dix ou quinze ans tout au plus. Oui, vous avez bien lu : la culture culinaire des élites est désormais accessible au peuple! D'ailleurs, beaucoup d'entre eux le « dénoncent ». Que veut-on : les élites se plaignent du supposé manque de culture du peuple, et dès que le peuple apprend la « grande » culture de l'élite, cette dernière se plaint encore...

Les gens n'ont donc pas accès à cette nourriture, et ce, pour des raisons financières ou de disponibilité du produit, et en sont culpabilisés par des élites qui les regardent d'un mauvais œil, bonne nourriture ou non...

Il faut comprendre la raison première de cet attachement des élites envers la nourriture santé.
Si manger « bien » et « bon » coûte cher, les gens ordinaires ne peuvent donc pas se le permettre. Et si ces derniers ne mangent que les cochonneries accessibles à leur tout petit budget, ils prennent du poids.
Un raison de se distinguer de la masse consiste donc à être mince, en mangeant santé... et/donc cher.
Et si je vous disais que jamais une étude a réussi à prouver qu'un surplus de kilos « raisonnable » (je ne parle donc pas d'obésité maladive) n'était en rien nocif pour la santé? L'ironie veut donc que l'obsession maladive de la minceur-santé découle bel et bien de la mentalité d'une élite désireuse de se distinguer à tout prix du reste de la population.
Il ne faut donc pas culpabiliser parce que le fromage de chèvre est trop cher cette semaine. Une autre viendra. En ne se plaçant pas en état de torts devant la nourriture, celle-ci goûtera meilleur. On ressent alors moins le besoin d'empiler les excès ou la malbouffe bourrée d'endorphines pour compenser une quelconque mauvaise conscience. Et on décide de remplacer le fromage par une pomme rouge au lieu des sempiternelles chips. La nourriture est aussi un état d'esprit.

Vous savez quoi? Il est possible de manger de façon saine malgré tout. Sans culpabiliser parce que ces fichues figues importés coûtent plus cher qu'un repas au restaurant.
Voilà, je pense, la raison qui me motive à entretenir ce blogue. Trouver des façons économiques de bien manger avec des ingrédients accessibles que l'on n'est pas obligé pas commander en France ou en Chine.
Et si les boîtes de céréales sont aussi grandes que des petits meubles, pourquoi ne pas s'en accommoder, et cuisiner à partir de ce type d'ingrédient? ;)

Je tiens aussi à remercier tout ceux qui m'ont écrit des mots positifs, m'expliquant que les recettes partagées correspondent à ce qu'ils recherchaient, c'est-à-dire des recettes à la fois simples, accessibles, économiques et délicieuses.
Cela me conforte dans les choix effectués pour ce blogue. :)

Sur ce, je vous souhaite à tous un bon appétit et de merveilleux moments autour de la table! ^^